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@ysickout writes:
Elysée : Ces Africains qui votent Hollande

Favori du second tour de la présidentielle en France, François Hollande n'a pas fait de l'Afrique sa priorité. En cas de victoire le 6 mai, il devra pourtant traiter d'urgence le dossier malien et celui des otages au Sahel. Par ailleurs, les chefs d'Etat africains incontournables dans le jeu politique hexagonal, tel Omar Bongo, ne sont plus là. De quoi créer un espace dans lequel s'engouffrent de nombreux opposants et dirigeants du continent, notamment ceux membres de l'Internationale socialiste (IS). Ces derniers ont multiplié les initiatives auprès de leurs camarades socialistes. D'autres, ancrés à droite de l'échiquier politique français, s'inquiètent.

Tour d'horizon.
Chefs d'Etat fréquentables - Plusieurs présidents africains attendent de retirer les dividendes d’une alternance élyséenne. Membre de l'IS et proche de Stéphane Fouks, patron d’Euro RSCG, Alpha Condé mise sur ce scénario pour obtenir davantage de mansuétude de Paris à son égard. Mais le président guinéen, qui a installé le groupe Bolloré sur le port de Conakry dans des conditions contestées, devra apporter en contrepartie de vrais gages démocratiques en organisant rapidement les prochaines législatives. Le Nigérien Mahamadou Issoufou, ami du député Arnaud Montebourg et de Guy Labertit, ex-responsable Afrique du PS, approché par de nombreux d'Africains malgré ses positions pro-Gbagbo, demeure un allié naturel des socialistes. Ceci ne l'empêche pas de réaffirmer l'enjeu vital que représente Areva pour son pays. Intérêt loin d'être remis en cause par François Hollande lors de leur entretien à Paris, le 15 mars (LC n°632). Disposant d'un quasi monopole sur l’uranium nigérien, le groupe nucléaire est pourtant la cible privilégiée des pourfendeurs de la politique africaine de la France... Principal opposant au Centrafricain François Bozizé, Martin Ziguélé, présent à Paris jusqu'à début juin, fait de son côté le siège du PS, où il a notamment rencontré Michel Braud, chargé des relations internationales rue de Solférino. Autre membre de l'IS, Ibrahim Boubacar Keïta, donné favori pour la présidentielle malienne avant le putsch du 22 mars, est un proche de Martine Aubry.

L'Afrique centrale sur liste rouge - La cote des régimes d'Afrique centrale risque, inversement, de dévisser si le candidat socialiste accède à l'Elysée, nonobstant la présence remarquée de Laurent Fabius à Libreville, en février. Après avoir étrillé Joseph Kabila lors de sa conférence de presse du 25 avril, François Hollande charge régulièrement les trois chefs d’Etat visés dans l’affaire des Biens mal acquis (BMA). Des interventions directement téléguidées par l'avocat William Bourdon, son conseiller chargé des droits de l’homme. Mais rien n'indique que la tonalité sera la même au lendemain du 6 mai. Du côté togolais, c'est peu dire que la présence de Kofi Yamgnane dans le staff de campagne du candidat socialiste irrite le palais de Lomé II. Quant aux inoxydables Paul Biya et Idriss Deby, ils sont en zone rouge, le second en raison de la disparition de l’opposant Mohamed Mahamat Saleh. Ce dossier, suivi par les sénateurs PS Jean-Pierre Sueur et Gaëtan Gorce, est aussi entre les mains d'Hugo Sada au sein de l'OIF que dirige Abdou Diouf, autre socialiste. Par le passé, Hugo Sada a piloté la communication de Jean-Pierre Cot.
Incontournable Côte d'Ivoire - Alors qu'Alassane Ouattara est un intime de Nicolas Sarkozy, François Hollande dispose de plusieurs courroies de transmission avec la Côte d'Ivoire, à l'instar de l'avocat Jean-Paul Benoît, qui lui fait passer des notes succinctes sur l'Afrique. Ancien député européen, celui-ci défend ADO et l'Etat ivoirien, notamment à La Haye, dans le dossier Gbagbo. Localement, le PS peut s'appuyer depuis début avril sur l'ambassadeur Georges Serre, ex-monsieur Afrique du ministre des affaires étrangères Hubert Védrine (1997-2002). Jadis lié à Guy Penne, ancien conseiller Afrique de François Mitterrand décédé en 2010, Blaise Compaoré a pris soin d’étendre ses réseaux à gauche, lors de la campagne de Ségolène Royal en 2007. Il s'appuie notamment sur des personnalités comme le maire de Lyon Gérard Collomb.

#La Lettre du Continent du 3 Mai 2012
[ May 10, 2012, 16:22 GMT ]

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